Schizophrénie
Clinique d'un destin, destin de la clinique.
J. Garrabe (Paris): Prolégomènes.
R.M. Palem (Perpignan): Présentation
H. Perez- Rincon (Mexico): La construction du concept nosographique de schizophrénie.
Résumé: L'histoire du concept de schizophrénie est jalonnée de noms, de controverses et parfois derreurs et de drames. C'est qu'elle ne s'est pas limitée aux seules recherches nosographique, phénoménologique, épidémiologique, psychopathologique ou neurobiologique. Il y a eu, hélas aussi, des déviations eugénique et politiques. C'est la construction de ce fragile édifice, toujours en question, que retrace ici l'auteur au travers des descriptions et conceptions de Kraepelin, Morel, Hecker, Kahlbaum, Bleuler, Dide et Guiraud, Claude, Kleist et Leonhard, Jaspers et Minkowski, Kretschmer, Conrad et Mauz, Jung, K.Schneider, Crow et Andreasen
Mots clès : Nosographie, Histoire, Classification, Clinique, psychopathologie, Démence précoce, Schizophrénie.
J. Chazaud (Perpignan) Dissociation(s).
Résumé:« Scission, dissociation, dislocation, discordance, désagrégation, séjonction » Il fallait mettre de l'ordre dans tous ces termes, trop paresseusement considérés comme équivalents dans la schizophrénie. À commencer toujours par l'ordre chronologique. C'est ici chose faite.
Mots-clès: Scission, Dissociation, Dislocation, Discordance, Désagrégation, Spaltung, Schizophrénie, Lexique.
R. M. Palem (Perpignan): Les schizophrénies de Ey.
Résumé: La schizophrénie a été un sujet de préoccupation constant chez Ey de 1924 à 1975. Réflexion sur ses propres observations (sur plusieurs décades, comme les grands aliénistes des temps passés) et confrontation avec celles de ses collègues ; nourrissant des élaborations conceptuelles et théoriques dont l'auteur nous montre ici la richesse, les flexions, les illuminatons, les apories.
Mots clès : Schizophrénie, Classifications, Clinique, Trouble fondamental, Processus, Diagnostic différentiel, Schizonévroses, Psychopathologie.
H. Ey (Bonneval): Les Schizonévroses de l'Ecole française et les schizophrénies pseudonévrotiques de l'Ecole américaine.
Résumé: Les analyses cliniques de Hoch lui ont permis de soutenir la thèse de la nature schizophrénique de certains «borderlines» à apparence névrotique. D'autres études - notamment celles de l'école française - ont permis à beaucoup d'auteurs de soutenir I'antithèse de la nature névrotique de ces cas cliniquement ambigus. Mais si par là est affirmée la difficulté du diagnostic, la validité du problème est aussi affirmée du même coup; c'est-à-dire la nécessité pour la psychiatrie de s'appliquer à distinguer des formes d'existence pathologiques que la nature même des maladies mentales ne confond pas. Il n'y a pas de science psychiatrique possible sans nosographie.
H. Casarotti (Montevideo, Uruguay): Schizophrénies aigues ?
Résumé: La notion de schizophrénie a beau être conceptualisée actuellement à partir du DSM-III comme une affection chronique, elle comporte toujours la distinction qui était faite auparavant en schizophrénies "aiguës" et en schizophrénies "chroniques". Certes, bien que la dénomination de "schizophrénie aiguë" ait été refusée, la schizophrénie apparaît à présent constituée par la réitération d'épisodes aigus, tandis que sa chronicité n'est conceptualisée que comme le résidu de ces crises. En additionnant les "symptômes positifs" comme s'il s'agissait de phénomènes isolables et en considérant les "symptômes négatifs" comme perte de fonctions, on a estompé aussi bien la structuration psychopathologique de tous les symptômes que le caractère spécifique du déficit schizophrénique laissant inassouvi le besoin toujours présent d'opérer avec un modèle d'organisation et de désorganisation de la vie psychique.
Cette présentation fait l'analyse de l'évolution des critères de diagnostic et de classification des troubles psychotiques dans les systèmes actuels, spécialement en ce qui concerne les épisodes aigus. Cette évolution est un exemple de la réciprocité qu'ont théories et praxis dans le domaine de la médecine. Une prise en charge continue et coordonnée s'avère indispensable pour que les soins médicaux soient responsables et que les développements académiques aboutissent à des théories scientifiques objectivement acceptables.
Mots clés: schizophrénie &endash; trouble psychotique bref &endash; critères opérationnels &endash; comorbidité &endash; théories psychiatriques &endash; praxis psychiatriques &endash; DSMs
J. Chazaud (Paris, Perpignan): Psychodynamique de la schizophrénie de l'adulte.
Résumé: Après avoir rappelé les vues initiatrices de Freud sur la schizophrénie sur les plans théoriques et techniques, le présent travail résume les opinions et pratiques psychothérapiques des auteurs et Ecoles qui en ont pris, dans leur diversité, le relais.Sont examinés les apports de C.G.Jung, K.Abraham, P.Federn et E.Weiss, F.Fromm-Reichmann, H.S.Sullivan, Arietti, M.Klein, S.Resnik, W.R.Bion, H.A.Rosenfeld, T.Lidz, H.Hartman, H.Numberg,H.A.Modell, E.Jacobson, J.Lacan, S.Leclaire, F.Perrier, G.Rosolato, P. Castoriadis Aulagnier, C.Rycroft, J.Chazaud, P.C.Racamier, et all.
Mots clés : Schizophrénie, S.Freud, C.G.Jung, M.Kein, Bion, Ego-psychologie, J.Lacan,J.Chazaud, Ecoles psychanalytiques, Psychodynamique.
M. Demangeat (Bordeaux): La reconnaissance (Hegel, Lacan): un point de vue sur la schizophrénie.
Résumé: L'auteur soutient que la problématique de la « Reconnaissance chez l'autre de la conscience de soi » introduite par Hegel, récupérée et remaniée par Lacan, lui a permis de mieux guider les actions complexes des équipes soignantes (approches psychothérapiques articulées avec un travail institutionnel), sous langle dune meilleure écoute et d'une meilleure compréhension des problèmes fondamentaux. Des observations illustrent cette thèse.
Mots clés : Psychothérapie, Equipe soignante, Institution, Reconnaissance, Hegel, Lacan, Winnicott, Miroir, Accompagnement.
J. Miermont (Villejuif): Schizophrénie et thérapie familiales: l'ingénierie de la complexité.
Résumé: La complexité nest pas une nouveauté. Mais elle est devenue interdisciplinaire et ne saurait se résumer à un simple éclectisme : rapprochement entre points de vue freudien et systémique par exemple. Pour être complexe, dit G.Edelman, une chose doit avoir les caractéristiques de totalité, à la fois ordonnée et désordonnée, stable et instable. Le thérapeute familial peut devenir « concepteur d'organisation », soutient J.Miermont ; sous quelques réserves et de nombreuses précautions méthodologiques, dont il nous fait ici l'inventaire et la démonstration à propos d'un cas clinique.
Mots clés : Thérapie familiale, Complexité, paradigme éco-étho-anthropologique, Abduction, Contexte, Cothérapie
Othon Bastos (Recife, Brésil): Les dépressions post-schizophréniques.
Résumé: Les auteurs présentent les résultats de trois recherches sur la Dépression Post-Psychotique chez des patients schizophréniques, publiées dans les années de 1981, 1998 et 2000. Deux (1981 et 2000 ) sont des études transversales et une est une observation catamnestique de dix ans du matériel clinique de la recherche de 1981. Ils affirment que le syndrome dépressif post-psychotique doit être caracterisé comme une variante clinique des formes délirantes des troubles schizophréniques, qui intègre le cours naturel de la maladie et qui est présente chez environ 25% des patients, tendant à se répéter, quant un nouveau épisode psychotique s'installe. Ils peuvent aussi conclure qu'il y a, d'une façon significative, beaucoup plus d'antécédents des troubles de l'humeur chez les schizophréniques qui ont ce syndrome.
Mots-clés: Schizophrénie, Dépression post psychotique, Délire, Troubles de l'humeur
Toshiro.Fujimoto (Miyazaki, Japon): La spectroscopie de résonance magnétique du proton dans le noyau caudé des schizophrènes.
Résumé: Des variations de volume du noyau caudé chez les patients schizophrènes ont été observées: diminution chez les sujets non traités; augmentation sous neuroleptiques, attribuée à l'inactivation des récepteurs dopaminergiques. Dans cet ordre d'idée et avec les données nouvelles apportées par la spectroscopie par résonance magnétique (SRM) du proton, il est donc possible que le ratio N-acetylaspartate (NAA)/Choline (Cho), au niveau du noyau caudé, soit un marqueur digne de confiance de la schizophrénie.
Mots-clés: Schizophrénie, spectroscopie résonance magnétique, SRM, noyau caudé, marqueur
E. Delille (Paris) Histoire d'un livre qui n'existe pas sur la schizophrénie. Le Tome 4 des Etudes Psychiatriques de Henri Ey.
Résumé: Le Tome 4 des Etudes Psychiatrique de Henri Ey est-il contenu dans les articles sur la schizophrénie et les délires chroniques qu'il rédigea pour l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale (1955) ? Nous rappelons l'ambitieux programme de publications consacré à l'unité de la psychiatrie après-guerre, avant d'exposer la nouvelle chronologie du Tome 4, à partir de la correspondance conservée dans les archives. Nous trouvons ainsi trace de trois Tome 4 différents qui ne voient jamais le jour, non pas à cause du Traité de l'EMC, mais plutôt de La Conscience (1963). La conscience de Henri Ey s'affronte au cerveau des neurologues et à l'inconscient des psychanalystes, dans la mesure où ces dimensions visent forcément à démembrer le modèle organo-dynamique. Nous pensons en effet que les archives réinscrivent l'histoire inachevée des Etudes dans la lutte de sécession des psychiatres et des psychanalystes contre une formation médicale unique réservée aux neuropsychiatres.
Mots-clés : Schizophrénie, Psychose, Conscience, Inconscient, Neurophysiologie, Psychanalyse, H. Ey, H. Ellenberger, EMC.
P. Belzeaux (Perpignan): Une amorce de retour à la clinique psychopathologique? A propos de la conférence de consensus d'avril 2003 sur Les schizophrénies débutantes.
Résumé: le texte d'avril 2003 de la conférence de consensus organisé par la Fédération Française de Psychiatrie sur les Schizophrénies débutantes marque une prise de distance par rapport au système de classification Nord Américain des troubles mentaux (DSM). Le jury préconise de revenir à la tradition clinique française qui est plus claire et plus précise à ses yeux. Cette clinique dont le dernier représentant fut Henri Ey à travers ses Etudes psychiatriques et ses textes du Traité de psychiatrie de l'EMC. Il reste cependant la question toujours en suspens de la scientificité de la psychopathologie en mal de « validation » selon la mode des critères de quantification. Le texte autorise la psychopathologie comme un apport supplémentaire malheureusement marginal. Une analyse épistémologique montre les effets de clivage dans le champ du savoir et de la pratique d'une telle attitude scientiste.
Mots-clés: Schizophrénie débutante, Neuroleptiques antipsychotiques, Clinique, H. Ey; Psychopathologie, Epistémologie, Clivage.